{"id":374,"date":"2020-11-29T17:47:45","date_gmt":"2020-11-29T16:47:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.turgis.org\/?p=374"},"modified":"2020-11-30T20:41:51","modified_gmt":"2020-11-30T19:41:51","slug":"pomme-de-pin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.turgis.org\/?p=374","title":{"rendered":"POMME DE PIN"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Plan-Turgot-1739.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-375\" width=\"502\" height=\"570\" srcset=\"https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Plan-Turgot-1739.jpg 659w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Plan-Turgot-1739-264x300.jpg 264w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Plan-Turgot-1739-238x270.jpg 238w\" sizes=\"(max-width: 502px) 100vw, 502px\" \/><figcaption>Figure 1 : Plan Turgot, 1739, quartier de la rue de la Juiverie, d\u00e9sormais rue de la Cit\u00e9<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Paris, Ile de la Cit\u00e9, 1421. La ville ruin\u00e9e, d\u00e9vast\u00e9e et d\u00e9sol\u00e9e par la guerre civile et la disette, est tomb\u00e9e depuis peu totalement aux mains des Anglais, avec l\u2019aide des traitres Bourguignons. Arnoulet TURGIS, 25 ans environ, sort discr\u00e8tement de son \u00ab&nbsp;hostel&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire son cabaret, par la cour arri\u00e8re, reste de l\u2019ancien jeu de paume du \u00ab&nbsp;trou Perette&nbsp;\u00bb, situ\u00e9 l\u00e0 en 1391, et d\u00e9bouche rue aux F\u00e8ves. Ignorant les bouges et autres \u00e9tablissements de basse r\u00e9putation de cette rue, d\u00e9crits par Eug\u00e8ne Sue dans les Myst\u00e8res de Paris, il se dirige vers la taverne du Chastel, cit\u00e9e par Rabelais des d\u00e9cennies plus tard, toute proche. Empruntant la ruelle de la Licorne, minuscule passage couvert d\u2019un m\u00e8tre de large sous les maisons, il d\u00e9bouche enfin dans la rue de la Juiverie, o\u00f9 il doit jouer des coudes pour se frayer un passage parmi la foule habituelle des passants.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 du Petit Ch\u00e2telet bordant la Seine se trouve le quartier de Gr\u00e8ve puis de Saint-Antoine<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> o\u00f9 il r\u00e9side, pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise Saint Gervais r\u00e9cemment reconstruite, o\u00f9 il est attendu par la Confr\u00e9rie des Marchands de Vins, dont il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment nomm\u00e9 Maitre Gouverneur et ce pour dix ans. Peut-\u00eatre y verra-t-il Fournier et Marle de son illustre parent\u00e9&nbsp;? Un dernier coup d\u2019\u0153il en arri\u00e8re avant de franchir le Petit Pont vers l\u2019enseigne de l\u2019entr\u00e9e principale de son hostel&nbsp;: un cerceau de tonneau de bois qui pend au-dessus de la porte, entourant un symbole et un nom qui deviendra fameux&nbsp;: la Pomme de Pin.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin d\u2019\u00eatre exclusive, cette enseigne d\u2019une pomme de pin est souvent utilis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque par les cabaretiers et marchands de vin, synonyme de qualit\u00e9 des vins servis l\u00e0, puisque comme les connaisseurs le savent bien, qui viennent l\u00e0 d\u00e9guster du bon vin de Bourgogne et de Beaune, les grecs d\u00e9j\u00e0 utilisaient des pommes de pin pour raisiner le vin et leur donner un go\u00fbt ma foi fort agr\u00e9able. Pas question d\u2019ailleurs de m\u00e9prendre la Pomme de Pin pour une vulgaire taverne, appellation qui n\u2019est mentionn\u00e9 que dans les sources religieuses ou r\u00e9glementaires produites par la royaut\u00e9 ou la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 comme le \u00ab lieu de tous les p\u00e9ch\u00e9s \u00bb <a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, pr\u00e9sentant tous ses clients comme des \u00ab vagabonds et gens de petit \u00e9tat \u00bb aux go\u00fbts grossiers. Les buveurs y gaspillent leurs gains et y d\u00e9pensent plus que leur salaire. Accus\u00e9s de s\u2019adonner aux jeux de hasard pour boire \u00e0 nouveau, ils s\u2019endettent toujours plus au point d\u2019affamer femme et enfants\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9decins et moralistes recommandaient de mettre de l\u2019eau dans le vin, mais en r\u00e9alit\u00e9 personne ne mouillait son vin \u00e0 Paris car l\u2019eau y avait mauvais go\u00fbt et \u00e9tait pollu\u00e9e. De ce fait, la consommation de vin \u00e0 Paris \u00e9tait tout \u00e0 fait consid\u00e9rable, autour de 200 litres par habitant et par an \u00e0 la fin du XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Un ouvrier parisien pouvait, vers 1360, se procurer une pinte de vin local (93 cl) quotidiennement s\u2019il y consacrait un tiers de son salaire. Les membres d\u2019un m\u00eame m\u00e9tier se retrouvent \u00e0 la taverne. On s\u2019y donne rendez-vous&nbsp;; on peut y recruter un valet ou autre main d\u2019\u0153uvre pour une besogne passag\u00e8re. Les servantes fr\u00e9quentent elles aussi les tavernes, o\u00f9 on les assimile \u00e0 des femmes de mauvaise vie. On les accuse d\u2019y colporter les secrets de leurs ma\u00eetres. Les bourgeois de Paris, comme les nobles, ne sont pas mentionn\u00e9s dans les sources judiciaires fr\u00e9quentant les tavernes. Non, la rue de la Juiverie, pr\u00e8s Notre-Dame et le petit Ch\u00e2telet de Paris n\u2019est pas un endroit pour une vulgaire taverne&nbsp;; n\u2019oublions pas que la r\u00e9putation d\u2019un cabaret, puisque c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit, tient au vin qu\u2019on y vend, au cr\u00e9dit qu\u2019on y consent et aux gens que l\u2019on s\u2019attend \u00e0 y rencontrer&nbsp;! Les cabarets, \u00e9galement appel\u00e9s \u201dhostels\u201d, sont \u00e9quip\u00e9s de quelques chambres. C\u2019est l\u00e0 que les voyageurs s\u2019y reposent, y trouvant g\u00eete, couvert, des alc\u00f4ves pour y rencontrer leurs contacts, et si n\u00e9cessaires, certains services en nature fournis par l\u2019h\u00f4telier toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute des d\u00e9sirs d\u2019une client\u00e8le suffisamment fortun\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Porte-Saint-Antoine-1420.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-382\" width=\"459\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Porte-Saint-Antoine-1420.jpg 814w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Porte-Saint-Antoine-1420-300x194.jpg 300w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Porte-Saint-Antoine-1420-768x496.jpg 768w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Porte-Saint-Antoine-1420-418x270.jpg 418w\" sizes=\"(max-width: 459px) 100vw, 459px\" \/><figcaption>Figure 3 : Reconstitution des fortifications orientales de Paris en 1420 : de gauche \u00e0 droite, les foss\u00e9s enjamb\u00e9s par les ponts (avec ponts-levis), la Bastille et la porte Saint-Antoine fortifi\u00e9e.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Commer\u00e7ant avis\u00e9 et marchand de toutes sortes de vins, pr\u00e9cieux comme frelat\u00e9s, \u00e0 un public aussi large que possible, Arnoulet n&rsquo;a pas mis tous ses \u0153ufs dans le m\u00eame panier et a confi\u00e9 \u00e0 sa femme Colette la taverne d\u00eete \u00ab&nbsp;de la Ch\u00e2sse&nbsp;\u00bb, situ\u00e9e derri\u00e8re la Maison-aux-Piliers (le si\u00e8ge de la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 des marchands, place de Gr\u00e8ve, sur l&#8217;emplacement de I&rsquo;H\u00f4tel de Ville actuel), hors de l\u2019ancienne porte Baudoyer de l\u2019enceinte de Philippe Auguste, mais d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019enceinte de Charles V, sur le chemin de la Bastille et de la porte Saint Antoine. Etablir une taverne hors des murs \u00e9tait une bonne fa\u00e7on d\u2019\u00e9viter de payer l\u2019octroi, cette taxe honnie dont tout marchand introduisant des marchandises dans Paris devait s\u2019acquitter. Comment en effet rester comp\u00e9titif envers une client\u00e8le bruyante, agit\u00e9e et souvent trop avin\u00e9e en payant des imp\u00f4ts ! Rompue aux pratiques mercantiles de ce genre d\u2019\u00e9tablissement, Collette y aura acquis de mauvais travers car lorsqu\u2019elle reprendra la Pomme de Pin apr\u00e8s son veuvage en 1451, elle y sera plusieurs fois mise \u00e0 l&rsquo;amende pour avoir us\u00e9 de pintes d&rsquo;\u00e9tain trop petites\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Quartiers-de-Paris-1420.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-376\" width=\"428\" height=\"339\" srcset=\"https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Quartiers-de-Paris-1420.png 670w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Quartiers-de-Paris-1420-300x238.png 300w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Quartiers-de-Paris-1420-341x270.png 341w\" sizes=\"(max-width: 428px) 100vw, 428px\" \/><figcaption>Figure 2 : les quartiers de Paris en 1420, d\u2019apr\u00e8s Favier<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En 1421 dans le quartier Saint Antoine o\u00f9 il r\u00e9side, Arnoulet est cinquantenier, c&rsquo;est \u00e0 dire chef de cinquante hommes de la garde bourgeoise. Il y sera quartenier en 1438, c\u2019est \u00e0 commandant du quartier, charg\u00e9 de la milice bourgeoise et de certaines fonctions de police pour la s\u00fbret\u00e9 et la tranquillit\u00e9 de la ville. C\u2019est la formation de la municipalit\u00e9 parisienne au XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle qui entra\u00eena la cr\u00e9ation de ces nouvelles divisions administratives appel\u00e9es quartiers. A la t\u00eate de chacune se trouvait un quartenier, charg\u00e9 d\u2019organiser la d\u00e9fense de la ville, d\u2019assurer l\u2019ordre et de percevoir les taxes. Ils participaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du pr\u00e9v\u00f4t des marchands et \u00e9taient assist\u00e9s de dizainiers et de cinquanteniers. En 1421, le roi Charles VI avait sa r\u00e9sidence dans le quartier, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Saint-Paul, qui occupait la plus grande partie du quadrilat\u00e8re central du quartier, entre le quai des C\u00e9lestins, les rues Saint-Paul, Saint-Antoine et du Petit-Musc. Apr\u00e8s sa mort en 1422, il fut abandonn\u00e9 et donn\u00e9 par partie par Charles VII et Louis XI en r\u00e9compense \u00e0 certains de leurs fid\u00e8les<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator aligncenter\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Pomme-de-Pin-Mouftard.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-377\" width=\"375\" height=\"573\" srcset=\"https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Pomme-de-Pin-Mouftard.png 335w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Pomme-de-Pin-Mouftard-196x300.png 196w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Pomme-de-Pin-Mouftard-177x270.png 177w\" sizes=\"(max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><figcaption>Figure 4 : Maison de la Pomme de Pin, rue Mouffetard (maison \u00e0 colombages)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Pour apart\u00e9, une autre auberge de la Pomme de Pin \u00e9galement c\u00e9l\u00e8bre, et souvent confondue avec la premi\u00e8re, \u00e9tait sise rive gauche sur la montagne Sainte Genevi\u00e8ve, au coin de la rue Mouffetard et de la rue de la Contrescarpe-Saint-Marcel, l\u2019actuelle rue Blainville, hors de la porte Bordelle (Saint Marcel) et des murailles de Paris, pour les raisons d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9es. Elle y restera ouverte pendant quatre si\u00e8cles<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. C\u2019est \u00e0 cette enseigne que viendront se d\u00e9salt\u00e9rer tous les \u00e9crivains de la Pl\u00e9iade : Ronsard, du Bellay, Ba\u00eff, Jodelle\u2026, mais aussi les mousquetaires du Roi. Rostand \u00e9crit&nbsp;: \u00ab Lorsque d&rsquo;Artagnan fut hors du Louvre, et qu&rsquo;il consulta ses amis sur l&#8217;emploi qu&rsquo;il devait faire de sa part des quarante pistoles, Athos lui conseilla de commander un bon repas \u00e0 la Pomme de Pin\u2026&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Plus tard encore, Moli\u00e8re et Racine seraient venus s&rsquo;y rafra\u00eechir, encore que cela puisse avoir \u00e9t\u00e9 dans l\u2019une ou l\u2019autre des deux enseignes&#8230;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator aligncenter\"\/>\n\n\n\n<p>Menac\u00e9s par la pr\u00e9sence croissante et durable des occupants Anglais, Arnoulet et Colette ne restent pas inactifs. Usant de leur influence et en \u00e9change peut-\u00eatre de quelques faveurs ou de leur discr\u00e9tion, ils placent leur fils Jean comme musicien du royal occupant, Henri V, et leur fils Nicaise comme secr\u00e9taire du r\u00e9gent Bedford. Calcul avis\u00e9 mais qui s\u2019av\u00e9ra couteux, car finalement bout\u00e9s hors de France apr\u00e8s un an de si\u00e8ge de Paris en 1436, les Anglais, autoris\u00e9s \u00e0 quitter la ville pour Rouen le 17 avril, embarqueront Jean<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>, qui sera ensuite mentionn\u00e9 \u00e0 Londres comme John Turges, \u00ab&nbsp;the queen\u2019s harper&nbsp;\u00bb &#8211; le harpiste de la reine, et son fr\u00e8re, \u00ab&nbsp;master&nbsp;\u00bb Nicaise. Les deux fr\u00e8res seront toujours pensionn\u00e9s par le royaume Anglais en 1446<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>. Nicaise y est dit \u00ab&nbsp;Secretary of France, refugee from Normandy, in relief&nbsp;\u00bb. John recevra plus tard une rente de 10 marks par an \u00ab&nbsp;pour sa vie \u00e0 la suite de la mort d\u2019un.e autre&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Ils disparaissent ensuite des yeux de l\u2019histoire, sauf si Jean finit par rentrer en France et est le m\u00eame fils d\u2019Arnoulet identifi\u00e9 comme Jean \u201cle jeune\u201d, tavernier et bourgeois de Paris en 1474. Jean et son \u00e9pouse Guillemette Driart sont propri\u00e9taires de trois \u00ab&nbsp;h\u00f4tels&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des cabarets&nbsp;: \u00ab&nbsp;la Ch\u00e2sse, sis \u00e0 la porte Baudoyer, \u00ab&nbsp;la Fleur-de-Lis&nbsp;\u00bb, sis au cimeti\u00e8re Saint-Jean, tenant aux deux Torches et un autre h\u00f4tel rue des Fontaines, pr\u00e8s du Temple. Il est en tous cas av\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;apr\u00e8s la fin de l\u2019occupation, la fortune d\u2019Arnoulet se serait plut\u00f4t agrandie !<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre fils d\u2019Arnoul, Jean \u201cle vieux\u201d, n\u00e9 vers 1425-1430, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 avant le 4 septembre 1490 est marchand bonnetier et bourgeois de Paris en 1463, jur\u00e9 et garde du m\u00e9tier de bonnetier en novembre 1467. Il comprendra dans sa descendance de riches marchands drapiers associ\u00e9s aux Gobelins et possiblement un opportuniste notoire, Nicolas TURGIS, dit Claude de Saint Etienne de La Tour, pionnier fondateur de l\u2019Acadie en 1604, qui feront chacun le sujet de deux billets s\u00e9par\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Les trois autres fils d\u2019Arnoulet TURGIS, rest\u00e9s en France, seront de loin les plus fameux. D\u2019abord Robert (Robin), qui a repris la Pomme de Pin. Ensuite Christophe, client de ladite auberge, qui restera sans descendance et aura un avenir plus bref et plus funeste, et enfin Arnoul, marchand drapier bourgeois de Paris (1454), deviendra extr\u00eamement riche jusqu\u2019\u00e0 poss\u00e9der des vignes et un ch\u00e2teau dans l\u2019Oise, et dont les enfants finiront porteur du titre \u00ab&nbsp;de TURGIS&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Francois_Villon_1489.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-380\" width=\"377\" height=\"690\" srcset=\"https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Francois_Villon_1489.jpg 534w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Francois_Villon_1489-164x300.jpg 164w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Francois_Villon_1489-147x270.jpg 147w\" sizes=\"(max-width: 377px) 100vw, 377px\" \/><figcaption>Fran\u00e7ois Villon en 1489<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Un seul homme aura rendus les deux premiers notoires (sinon riches)&nbsp;: Fran\u00e7ois Villon. Avant d\u2019\u00eatre un des po\u00e8tes les plus c\u00e9l\u00e8bres de France, y compris de son vivant, Fran\u00e7ois de Montcorbier, dit Villon, est avant tout un malfrat. N\u00e9 en 1431, sous l&rsquo;occupation anglaise, orphelin de p\u00e8re, il est confi\u00e9 par sa m\u00e8re, pauvre femme illettr\u00e9e et pieuse, \u00e0 maitre Guillaume de Villon, chanoine et personnage important de la communaut\u00e9 de Saint-Beno\u00eet dans la rue Saint-Jacques. Son \u00e9ducation \u00e0 la facult\u00e9 des arts de Paris se fait sur fond de querelle entre l&rsquo;Universit\u00e9 (qui a soutenu les Bourguignons puis les Anglais) et le roi Charles VII. Participant fort probablement aux d\u00e9sordres estudiantins et heurts avec la police, le r\u00e9volt\u00e9 Villon n\u00e9glige ses \u00e9tudes et court l&rsquo;aventure. Ses soir\u00e9es de d\u00e9bauche se passent en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la taverne de la Pomme de Pin, dont il vantera les m\u00e9rites. Les exactions de Villon le conduisent le 5 juin 1455, au soir de la F\u00eate-Dieu, \u00e0 tuer un pr\u00eatre d\u2019un coup de dague lors d&rsquo;une altercation. Apr\u00e8s sept mois d\u2019exil il revient passer l\u2019ann\u00e9e 1456 \u00e0 Paris o\u00f9 la bande de fauteurs de troubles dont il fait partie finit par cambrioler le coll\u00e8ge de Navarre, le for\u00e7ant \u00e0 s\u2019enfuir \u00e0 Angers. Mal accueilli par le roi Ren\u00e9, il se r\u00e9sout \u00e0 un exil qui durera six ans, aboutissant aux oubliettes de la prison de Meung sur Loire d\u2019o\u00f9 il sera lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019av\u00e8nement de Louis XI. \u00c0 la suite d\u2019une nouvelle rixe, il est condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00ab \u00e9trangl\u00e9 et pendu au gibet de Paris \u00bb, et en r\u00e9chappe de justesse en appel. Le 5 janvier 1463, la coupe est pleine et Villon est banni de la ville de Paris pour dix ans. Avant son d\u00e9part de Paris en 1456, Villon est associ\u00e9 \u00e0 une bande de malfaiteurs notoires de l\u2019\u00e9poque, dont Christophe TURGIS, fils pr\u00e9sum\u00e9 d\u2019Arnoulet<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>, et fr\u00e9quente avec ses comparses la taverne de la Pomme de Pin de Robin TURGIS. Villon y consomme \u00e0 cr\u00e9dit, comme dans bien d\u2019autres commerces. Ne dit-il pas \u00ab S&rsquo;il se trouvait quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;e\u00fbt pas re\u00e7u les legs que je lui envoie, qu&rsquo;il les demande, apr\u00e8s ma mort, \u00e0 mes hoirs <em>(h\u00e9ritiers)<\/em> Moreau <em>(jur\u00e9 des R\u00f4tisseurs de Paris)<\/em>, Provins <em>(p\u00e2tissier de la rue de Chaume)<\/em>, Robin TURGIS, lesquels ont eu jusqu&rsquo;au lit o\u00f9 je suis couch\u00e9. \u00bb<a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Christophe est engag\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es dans de lourdement r\u00e9pr\u00e9hensibles activit\u00e9s avec une bande de voleurs et de mercenaires autoproclam\u00e9s les Coquillards. La fin de la Guerre de Cent ans avec ces centaines de soldats et de mercenaires \u00e9trangers d\u00e9sormais sans but est en effet propice \u00e0 la floraison ici o\u00f9 l\u00e0 de bandes organis\u00e9es qui se livrent \u00e0 toutes sortes d&rsquo;activit\u00e9s criminelles (vol, faux-monnayage, triche organis\u00e9e, prostitution et prox\u00e9n\u00e9tisme&#8230;). Ils sont alors rejoints par des mis\u00e9reux souvent issus de milieux artisanaux, estudiantins voire monastiques. Lass\u00e9s par une s\u00e9rie d\u2019exactions commises dans la r\u00e9gion par une bande de criminels organis\u00e9s qui m\u00e8ne une vie de d\u00e9bauche \u00e0 Dijon depuis deux ans, la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 m\u00e8ne une enqu\u00eate discr\u00e8te en 1453, conduisant les sergents \u00e0 un coup de filet sur le bordel de la ville. Douze individus seulement sont arr\u00eat\u00e9s, sur la soixantaine de noms que les t\u00e9moignages ont fait appara\u00eetre. Un proc\u00e8s ouvre n\u00e9anmoins tr\u00e8s vite le 3 octobre 1455, moyen pour le procureur d\u2019\u00e9tablir rapidement les complicit\u00e9s et de se saisir des autres membres de la bande. Les interrogatoires se succ\u00e8dent pendant deux mois. L\u2019un des accus\u00e9s confesse alors tout ce qu\u2019il sait et livre soixante-quatre noms \u00e0 la justice. Il apparait progressivement que loin d\u2019une l\u00e2che bande d\u2019oisifs sans but et sans scrupules, c\u2019est bien d\u2019une v\u00e9ritable p\u00e8gre organis\u00e9e dont il s\u2019agit, comprenant des sp\u00e9cialistes de toutes sortes, du vol \u00e0 la tire au recel, au rapt d\u2019enfants et \u00e0 la prostitution. Ils ont m\u00eame leur propre langage, appel\u00e9 \u201cargot\u201d.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tire-de-Firmin-Maillard-Le-gibet-de-Montfaucon-etude-sur-le-vieux-Paris-Paris-Auguste-Aubry-editeur-1863-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-379\" width=\"486\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tire-de-Firmin-Maillard-Le-gibet-de-Montfaucon-etude-sur-le-vieux-Paris-Paris-Auguste-Aubry-editeur-1863-2.jpg 920w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tire-de-Firmin-Maillard-Le-gibet-de-Montfaucon-etude-sur-le-vieux-Paris-Paris-Auguste-Aubry-editeur-1863-2-300x218.jpg 300w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tire-de-Firmin-Maillard-Le-gibet-de-Montfaucon-etude-sur-le-vieux-Paris-Paris-Auguste-Aubry-editeur-1863-2-768x557.jpg 768w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tire-de-Firmin-Maillard-Le-gibet-de-Montfaucon-etude-sur-le-vieux-Paris-Paris-Auguste-Aubry-editeur-1863-2-372x270.jpg 372w\" sizes=\"(max-width: 486px) 100vw, 486px\" \/><figcaption>Le gibet de Montfaucon en plein Paris<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>S\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 qu\u2019il faisait partie de la bande, Villon connaissait plusieurs d\u2019entre eux, notamment Christophe TURGIS, dont la sp\u00e9cialit\u00e9 est de fabriquer de la fausse monnaie. D\u00e9nonc\u00e9 par Pierre Cornille, un marchand drapier, et par Jeannette la ganti\u00e9re<a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>, les sergents perquisitionnent l\u2019atelier de Christophe et y d\u00e9couvrent tout un attirail de fabrication de fausse monnaie<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a> : <em>\u00ab Item ung gros marteaul a orf\u00e9vre. Item ung petit enclumeau 4 pampes aiant une pointe pour le fischer sur un plot de bois et forger dessus. Item un gros plot de bois pour soustenir ledit enclumeaul. item une petite cisoire A copper argent. Item une grattereoisse (?) et ung fardelet ou poign\u00e9e de roye de porc a nettoyer argent recuit. item une escuelle de bois ou il y avoit de la couleur verde faite toutes fraische pour colorier or ou argent. Item un petit de dorure a dorer ce que l\u2019on vouldroit. \u00bb<\/em> Christophe TURGIS s\u2018\u00e9tait sp\u00e9cialis\u00e9, parait-il, dans la fabrication de demis \u00e9cus. Le 5 d\u00e9cembre 1455 il est prisonnier a Sens et confesse qu&rsquo;il acheta l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente a Dijon un gobelet d&rsquo;argent dont il forgea des demis \u00e9cus<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>. Condamn\u00e9, Christophe fut bouilli comme faux monnayeur a Paris le 17 septembre 1456 et son corps pendu au gibet de Montfaucon<a href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>. Huit jours apr\u00e8s, Villon cambriolait le Coll\u00e8ge de Navarre en compagnie d\u2019un autre Coquillard notoire, Colin de Cayeux<a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert, h\u00e9ritier de la Pomme de Pin \u00e0 la suite de sa m\u00e8re, est n\u00e9 vers 1425-1430 et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 un 11 juin 1472 ou 1473. Il est tavernier \u00e0 Paris d\u00e8s 1454 et titulaire de l\u2019office de messager \u00e0 pied de la justice du Tr\u00e9sor d\u00e8s septembre 1455. Il est \u00e9galement marchand de vin et Bourgeois de Paris. Il \u00e9pouse vers 1455 Marguerite Joli, qui d\u00e9c\u00e9da peu avant le 16 avril 1493. Les affaires des \u00e9poux TURGIS se portent plut\u00f4t bien&nbsp;: en 1470, on voit qu\u2019il poss\u00e9dait trois maisons rue de la Tabletterie, dans le quartier Sainte-Opportune, faisant le coin de la rue Saint-Denis. Ils \u00e9taient \u00e9galement propri\u00e9taires de l\u2019H\u00f4tel de l\u2019Echiquier, adjacent \u00e0 la Madeleine et faisant le coin de la rue des Marmousets, ainsi que d\u2019une maison rue de la Juiverie (qu\u2019ils l\u00e8gueront \u00e0 leurs h\u00e9ritiers, Hector et Marguerite, en 1492). Vers 1478, on identifie que les TURGIS poss\u00e8dent en plus des propri\u00e9t\u00e9s (et probablement des vignes) \u00e0 Nogent sur Marne. Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Robert, Marguerite, sa veuve, fut autoris\u00e9e \u00e0 reprendre son commerce. Hector est conseiller du Roi et avocat au Ch\u00e2telet de Paris en 1491 et 1492, et seigneur de Bordeaux-les-Montjay. <\/p>\n\n\n\n<p>Les autres enfants et petits-enfants de Robert TURGIS sont d\u00e9crit dans les G\u00e9n\u00e9alogies de quelques Familles Parisiennes de P. Marlier. La Pomme de Pin sera rachet\u00e9e par plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de tenanciers qui feront tous fortune, comme par exemple Pierre-Nicolas Gruyn et ses deux fr\u00e8res qui surent \u00ab grapiller \u00e0 merveille \u00bb. L&rsquo;argent du p\u00e8re servit aussi aux quatre fils Gruyn pour acheter des charges qui leur permirent d&rsquo;arrondir encore leur fortune. Un pamphlet paru lors de la premi\u00e8re Fronde sous le titre Catalogue des partisans, extraction, vie, m\u0153urs et fortune nous apprend que \u00ab les Gruyn, fr\u00e8res et fils du maistre de cabaret de la Pomme de Pin, \u00e0 force de pillages qu\u2019ils ont fait dans la subsistance, lors de l&rsquo;\u00e9tablissement d\u2019icelle, ont acquis de grands biens et poss\u00e8dent des charges de finances tr\u00e8s consid\u00e9rables \u00bb. La Pomme de Pin de Philippe Gruyn, le fils, fut fr\u00e9quent\u00e9e par Racine, Moli\u00e8re, La Fontaine, Boileau, Chapelle, et Lulli entre autres. Le successeur de Gruyn, Jules Crenest, en a bien profit\u00e9 aussi.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Chateau-de-Merlemont.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-378\" width=\"491\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Chateau-de-Merlemont.png 680w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Chateau-de-Merlemont-300x226.png 300w, https:\/\/www.turgis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Chateau-de-Merlemont-359x270.png 359w\" sizes=\"(max-width: 491px) 100vw, 491px\" \/><figcaption>Figure 5: Ch\u00e2teau de Merlemont \u00e0 Warluis, Oise<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Enfin, Arnoul, marchand drapier et bourgeois de Paris<a href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>, \u00e9poux de Oudine, devenu riche et ayant \u00e9t\u00e9 fait \u00e9cuyer, il acquiert, probablement d\u2019un certain Guy Malet, le ch\u00e2teau de Merlemont \u00e0 Warluis dans l\u2019Oise en 1468, dont il sera toujours propri\u00e9taire en 1489<a href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>, et que la famille poss\u00e8dera jusqu\u2019en 1531<a href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>Son fils Pierre se fera d\u00e9nommer Pierre de TURGIS, mariera sa fille Catherine qu\u2019il a eu de Marie de Marigny<a href=\"#_ftn19\">[19]<\/a> \u00e0 Louis des Courtils le 10 octobre 1512. Pierre de TURGIS est aussi seigneur de Roy, Fram\u00e9ricourt, Cr\u00e9cy, Laversines, Fouquerolles\u2026 Il poss\u00e8de le moulin \u00e0 vent de Bruneval, qu\u2019il vend en 1546 \u00e0 Nicolas de Campenare, meunier. Le ch\u00e2teau de Merlemont comportait un corps de logis, qui sera appel\u00e9 le vieux castel, flanqu\u00e9 de quatre tourelles ; Pierre de TURGIS y fit construire un second logis, qui sera appel\u00e9 le logis neuf (partie gauche sur la photo); cette seconde partie existait encore en 1854. Aucun des petits-fils d\u2019Arnoul n\u2019aura de descendance m\u00e2le connue.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Jean Favier, <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/ahess_0395-2649_1972_num_27_3_422532_t1_0685_0000_4\">Les Contribuables parisiens \u00e0 la fin de la guerre de Cent Ans: les r\u00f4les d&rsquo;imp\u00f4t de 1421, 1423 et 1438&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> <a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/psorbonne\/1431?lang=fr\">https:\/\/books.openedition.org\/psorbonne\/1431?lang=fr<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" data-type=\"internal\">[3]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.chartes.psl.eu\/fr\/positions-these\/quartier-hotel-saint-paul-paris-1360-1550\">http:\/\/www.chartes.psl.eu\/fr\/positions-these\/quartier-hotel-saint-paul-paris-1360-1550<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> <a href=\"http:\/\/vieux-paris.blogspot.com\/2008\/05\/histoire-de-ce-fameux-cabaret.html\">http:\/\/vieux-paris.blogspot.com\/2008\/05\/histoire-de-ce-fameux-cabaret.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> <a href=\"http:\/\/emotiveobserver.blogspot.com\/2013\/02\/en-relisant-les-trois-mousquetaires-iii.html\">http:\/\/emotiveobserver.blogspot.com\/2013\/02\/en-relisant-les-trois-mousquetaires-iii.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Favier-Le-bourgeois-de-Paris-au-Moyen-Age\/386793\">Le Bourgeois de Paris au Moyen \u00c2ge<\/a>, Jean Favier<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> Lists and Indexes: Supplementary series, Volume 9, Num\u00e9ro 2, Great Britain. Public Record Office&nbsp;; Kraus Reprint, 1964, p284<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> The Political And Commercial Works: Relating to the Trade and Revenue of England, The Plantation Trade, The East-India Trade, And African Trade&nbsp;\u00bb, Vol 3, Charles Whitworth&nbsp;; Charles Davenant, Horsfield, 1771, p114<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> <a href=\"https:\/\/books.google.fr\/books?id=TaZZlIxBLTkC&amp;pg=PA73&amp;lpg=PA73&amp;dq=%22pomme+de+pin%22+turgis&amp;source=bl&amp;ots=N0WKcrxRe3&amp;sig=ACfU3U0plydouCAvDBe5WYYKYZxhoxj8JA&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwi-3di7hYTtAhVV5uAKHcanDec4ChDoATAIegQICRAC#v=onepage&amp;q=%22pomme%20de%20pin%22%20turgis&amp;f=false\">Etudes sur l&rsquo;argot fran\u00e7ais<\/a>, Marcel Schwob, p73<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> <a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Page:%C5%92uvres_de_Fran%C3%A7ois_Villon_Thuasne_1923_t2.djvu\/247\">https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Page:%C5%92uvres_de_Fran%C3%A7ois_Villon_Thuasne_1923_t2.djvu\/247<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Sain\u00e9an 1912, I, 396-497<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Sain\u00e9an 1912, I, 397<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> Sain\u00e9an 1912, I, 109<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Sain\u00e9an 1912, I, 412<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> <a href=\"https:\/\/books.google.fr\/books?id=UGOJDwAAQBAJ&amp;pg=PT123&amp;lpg=PT123&amp;dq=faux+monnayeur+%22turgis%22&amp;source=bl&amp;ots=YitDC80aIT&amp;sig=ACfU3U3i1PWSL_KHXsip41zqFOP9JKbY1Q&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwiF-YaFkITtAhUSjhQKHQZDBtEQ6AEwDnoECAMQAg#v=onepage&amp;q=turgis&amp;f=false\">Fran\u00e7ois Villon: Coquillard et auteur dramatique<\/a>, Jean Deroy<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> G\u00e9n\u00e9alogie de quelques familles parisiennes&nbsp;; P. Marlier, 2015, p619<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> A.N. MC\/ET\/XIX\/4, Notice 824<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> M\u00e9moires de la Soci\u00e9t\u00e9 Acad\u00e9mique d&rsquo;Arch\u00e9ologie, Sciences et Arts du D\u00e9partement de l&rsquo;Oise, Beauvais, 1898, <a href=\"https:\/\/en.geneanet.org\/archives\/ouvrages\/?action=detail&amp;livre_id=45041&amp;page=700&amp;book_type=livre&amp;search_type=livre&amp;name=de+TURGIS+d%27ALLONNES&amp;with_variantes=0&amp;tk=ab1d62b0196a4b99\">p700<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> <a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k414713s.image.r=TURGIS.f692.hl\">https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k414713s.image.r=TURGIS.f692.hl<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris, Ile de la Cit\u00e9, 1421. La ville ruin\u00e9e, d\u00e9vast\u00e9e et d\u00e9sol\u00e9e par la guerre civile et la disette, est tomb\u00e9e depuis peu totalement aux mains des Anglais, avec l\u2019aide des traitres Bourguignons. Arnoulet TURGIS, 25 ans environ, sort discr\u00e8tement de son \u00ab&nbsp;hostel&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire son cabaret, par la cour arri\u00e8re, reste de l\u2019ancien jeu de paume du \u00ab&nbsp;trou Perette&nbsp;\u00bb, situ\u00e9 l\u00e0 en 1391, et d\u00e9bouche rue aux F\u00e8ves. 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